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Confessions II : Madonna regarde enfin derrière elle

Madonna publie Confessions II le 3 juillet 2026 chez Warner Records, vingt et un ans après Confessions on a Dance Floor. Ce quinzième album studio retrouve Stuart Price, producteur du disque de 2005, et remet la chanteuse américaine au centre d’une pop dance continue, nocturne, très écrite. La presse musique salue largement ce retour au club, tout en pointant un disque parfois trop long, très conscient de son propre héritage. Madonna regarde enfin derrière elle, et cela fait moins musée qu’on pouvait le craindre.

L’avis de la presse musique sur Confessions II : retour gagné, prudence gardée

The Guardian entre dans Confessions II par la bonne porte : celle du soupçon. Un album qui reprend le titre, l’architecture et le producteur d’un succès de 2005 peut vite sentir le vieux dossier. Alexis Petridis note pourtant que le disque ne sonne pas comme une opération trop servile. Il y entend une Madonna plus à l’aise que sur ses tentatives récentes de courir après les sons du moment. La comparaison avec Madame X est rude, mais utile. Ici, elle ne force pas. Elle revient à une maison qu’elle connaît, avec les basses, les transitions et les longues plages instrumentales qui vont avec. The Guardian reste réservé sur la durée, jugeant que quelques titres house moins marquants auraient pu quitter la salle plus tôt.

The Independent lit le même disque comme le meilleur album de Madonna depuis vingt ans. Roisin O’Connor insiste sur la mécanique physique de Confessions II : un album conçu pour bouger, transpirer, passer d’un titre à l’autre sans transitions. Le média souligne la présence de Sabrina Carpenter sur Bring Your Love, la collaboration avec Martin Garrix sur Bizarre, et la façon dont Stuart Price organise le disque comme un parcours en club. Slant Magazine, de son côté, insiste moins sur l’efficacité pop que sur la cohésion. Eric Henderson y voit l’effort le plus concentré de Madonna depuis des décennies, un album qui assume la nostalgie au lieu de la maquiller. Rolling Stone en Español, sous la plume de Rob Sheffield, rejoint cette lecture en parlant d’un groove ininterrompu et d’un retour à la piste comme lieu d’autobiographie. L’accord est donc assez net. La presse n’entend pas seulement un disque de retour. Elle entend une artiste qui cesse, pour une fois, de faire semblant de ne pas se souvenir.

Confessions II de Madonna : basses anciennes, mémoire neuve

Le son de Confessions II avance comme un bloc nocturne. Les 16 morceaux s’enchaînent en mix continu, selon le principe déjà central de Confessions on a Dance Floor. On retrouve une écriture house lisible, avec des claviers qui montent, des basses rondes, des respirations longues et cette manière de laisser le beat travailler sans remplir tous les espaces. The Guardian relève des traces de Chicago house, de deep house, d’UK garage, d’EDM et de downtempo 90s. Le disque ne cherche pas la découverte du siècle.

Ce qui divise un peu la presse, c’est la part de calcul. Confessions II sait très bien qu’il arrive après Confessions on a Dance Floor. Il sait aussi que le public sait. La référence n’est donc jamais innocente. Slant Magazine trouve que l’album gagne ce droit à la nostalgie parce qu’il la place au centre du projet. The Guardian se montre plus prudent, rappelant que le titre peut aussi être lu comme un message aux fans perdus en route. L’Independent, lui, insiste sur la tenue du flux, sur cette impression de labyrinthe sonore construit par Madonna et Stuart Price. Les morceaux cités reviennent souvent dans les critiques : I Feel So Free pour l’ouverture, Danceteria pour la mémoire new-yorkaise, Fragile pour la blessure familiale, Betrayal pour la descente plus lente. Le disque garde les bras levés, mais les yeux regardent ailleurs. Vers le passé, visiblement. Et pas seulement vers le miroir.

Stuart Price, Sabrina Carpenter et le club comme méthode

La fabrication de Confessions II repose d’abord sur une réunion : Madonna et Stuart Price. Pitchfork rappelle que la chanteuse a annoncé le disque comme une suite de Confessions on a Dance Floor, avec une sortie fixée au 3 juillet 2026 chez Warner. Le même média cite un texte de Madonna présenté comme un manifeste de travail avec Price. Elle y écrit notamment : “To rave is an art.” Faire la fête en rave est un art. La phrase est courte, un peu solennelle, presque trop parfaite. Elle dit pourtant assez bien l’affaire. Confessions II traite le dancefloor comme un lieu de rituel, pas comme un simple décor lumineux pour clip.

Les collaborateurs donnent aussi au disque son double mouvement. Sabrina Carpenter apporte à Bring Your Love une connexion avec la pop actuelle, sans transformer Madonna en invitée de son propre album. Martin Garrix apparaît sur Bizarre, cité par The Independent pour ce croisement entre le plaisir immédiat du drop et la patience plus architecturale de Stuart Price. Rolling Stone en Español mentionne aussi Andrew Watt, Cirkut, Mirwais, Arca, Triangle Park, Parisi, Tainy, Stromae et Feid parmi les invités. Madonna ne travaille pas seule dans un studio vide. Elle organise une salle, distribue les lumières, rappelle les anciens complices, laisse entrer quelques héritiers.

Dans la discographie de Madonna, un retour moins figé qu’attendu

Confessions II arrive après Madame X, sorti en 2019, et devient le premier album studio de Madonna depuis sept ans. Pitchfork rappelle aussi que Madonna a retrouvé Warner Records, label lié à une grande partie de son histoire discographique. Ce retour institutionnel compte. Il replace l’album dans une logique de catalogue, de contrôle et de mémoire. Le risque était évident : rejouer Confessions on a Dance Floor avec moins de vitesse, moins de surprise et davantage de vernis. La presse semble dire l’inverse, ou presque. Confessions II n’efface pas le modèle de 2005. Il l’éclaire par une lumière plus froide, plus tardive, moins euphorique. Le club n’est plus seulement un endroit où l’on disparaît dans la foule. C’est aussi un endroit où les fantômes reviennent fumer près des enceintes.

Ce que Confessions II corrige dans la discographie récente de Madonna, c’est la dispersion. Plusieurs critiques opposent ce disque aux albums plus éclatés des années 2010, où la chanteuse semblait parfois courir après des langages déjà validés par d’autres. Ici, le cadre est simple. Danser, se souvenir, tenir la ligne. The Guardian note que le disque n’a pas le tube massif d’un Hung Up, et c’est sans doute vrai. On ne sent pas le single qui écrase tout sur son passage. Mais l’album n’a pas l’air de chercher seulement cela. Il préfère l’endurance, la continuité, le frottement contre une mémoire personnelle. La fin laisse l’image d’une piste plus vide, après la chaleur. Madonna reste là, moins impériale que surveillante de nuit. La boule à facettes tourne encore. Elle a connu des retours plus bruyants. Rarement des retours aussi utiles.


Madonna : Confessions II (Warner records / Boy Toy Inc) – Sorti le 3 juillet 2026

Sources

  • Pitchfork – Madonna Announces New Album Confessions II – 2026
  • DJ Mag – Madonna announces ‘Confessions on a Dance Floor’ sequel album – 2026
  • The Guardian – Madonna: Confessions II review – nostalgic dancefloor trip sparks her most vital album in two decades – 2026
  • The Guardian – Madonna was always anti-nostalgia. But looking back on Confessions II has revitalised her music – 2026
  • The Independent – Madonna’s Confessions II is her best album in 20 years – 2026
  • Slant Magazine – Madonna ‘Confessions II’ Review: Revelations on a Dance Floor – 2026
  • Rolling Stone en Español – Madonna encuentra un groove inagotable en su mejor álbum de los últimos 20 años – 2026
  • Madonna Official Store UK – CONFESSIONS II – 16-track Standard CD – 2026

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