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Margot n’a pas les moyens du beige

Dans Margo a des problèmes d’argent, disponible sur Apple TV depuis le 15 avril 2026, Elle Fanning incarne Margo Millet, jeune mère sans argent, ex-étudiante et créatrice OnlyFans. Créée par David E. Kelley, adaptée du roman de Rufi Thorpe, la série confie ses costumes à Mirren Gordon-Crozier. Le vestiaire de Margo raconte sa chute, sa débrouille et son pouvoir de fiction. Sans filtre beige. Sans élégance de secours.

Avant Hungry Ghost, Margot joue déjà un rôle

Margo Millet, interprétée par Elle Fanning, commence avec des vêtements qui veulent croire à l’université. Pulls sans manches, couleurs moutarde, rouges passés, volumes un peu trop grands. Rien n’est vraiment net. Rien ne semble totalement neuf. Mirren Gordon-Crozier explique qu’elle a pensé cette première silhouette comme une version personnelle du style campus, avec une influence des années 90 et des pièces vintage. Margo n’imite pas seulement les autres étudiants. Elle imite aussi le monde auquel elle pense devoir appartenir. Le vêtement devient une inscription sociale, mais écrite au stylo emprunté. Déjà, ça bave un peu.

Cette garde-robe n’a pas la rigidité d’un uniforme. Elle tient plutôt du déguisement provisoire. Un sweater vest des années 50 peut se retrouver porté avec une sous-couche en dentelle rouge. Le détail compte, parce qu’il trahit la faille dans le costume. Margo essaie d’entrer dans le décor universitaire, mais elle le tord. Elle garde du brillant, du bizarre, du désir de scène. Même quand elle veut paraître sérieuse, quelque chose clignote. Le personnage n’est jamais complètement soluble dans le bon goût étudiant.

Le vestiaire de Margot transforme la galère en décor

Après la grossesse et l’arrivée du bébé, les vêtements lâchent. Les tee-shirts peuvent être portés à l’envers. Les pantalons de jogging remplacent l’effort de composition. Le lait, la fatigue et l’urgence entrent dans le cadre. Ce n’est pas une défaite glamourisée. C’est une silhouette qui n’a plus le temps de se regarder. La série montre alors une Margo moins flamboyante, plus éteinte, presque avalée par les gestes du quotidien. Le corps sert à nourrir, porter, tenir debout. La mode attendra, ce qui est souvent son vrai rapport à la maternité.

Mais l’effacement ne dure pas. Margo garde ses bottes de cow-boy, ses imprimés, ses mélanges impossibles. Dans une scène commentée par The Set Set, elle porte une robe longue rayée, une veste en jean usée et ses bottes vintage préférées. La tenue dit tout : enfantine, obstinée, bruyante. Elle n’a pas l’air riche, mais elle refuse d’avoir l’air inexistante. Son goût vient aussi de Shyanne, sa mère, interprétée par Michelle Pfeiffer. Même audace pour les imprimés, même rapport sentimental au trop-plein. Chez elles, le léopard n’est pas une tendance. C’est presque un héritage familial, ce qui est rarement recommandé pour chopper un boulot.

OnlyFans, cosplay et armure bricolée

Quand Margo arrive vers OnlyFans, son vestiaire bascule sans devenir luxe. Le noir découpé, les anneaux métalliques, les bodys, les jupes fleuries et les bottes créent un personnage en transition. Mirren Gordon-Crozier décrit ce premier look comme un mélange entre “Margo OnlyFans” et “ancienne Margo”. C’est exactement le sujet. Elle ne disparaît pas derrière Hungry Ghost. Elle ajoute une couche. Le costume devient une armure bricolée avec ce qu’elle peut trouver, acheter d’occasion ou transformer. Rien ne donne l’impression d’un vestiaire acheté d’un bloc. Margo compose avec des restes, des trouvailles et beaucoup d’aplomb.

Le personnage d’Hungry Ghost pousse cette logique plus loin. Alien, vert, brillant, volontairement fait main. Harper’s Bazaar rapporte que l’équipe a pensé une version fantasmée et une version plus simple, plus bancale, fabriquée dans le réel. Le contraste est utile. À l’écran, Margo vend une image, mais cette image garde les traces de sa fabrication. Les gros boots, les références science-fiction, les volumes argentés et les détails presque absurdes ne cachent pas la pauvreté. Ils la contournent. Elle n’a pas les moyens de l’illusion parfaite. Alors elle choisit une illusion avec coutures visibles.

La force du vestiaire tient là. Margo ne devient pas chic. Elle devient lisible. Ses vêtements racontent une jeune femme qui passe du rôle imposé au rôle écrit par elle-même. Campus, maternité, chambre, caméra, tribunal : elle ajuste, mais elle ne se normalise pas. Même dans les situations plus cadrées, elle garde une bizarrerie de coupe, une couleur trop vive, une botte trop marquée. Le vêtement ne la sauve pas. Il lui donne une méthode. Faire avec peu. Faire voir beaucoup.


Margo a des problèmes d’argent : disponible sur Apple TV – Site officiel

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