Après vingt ans à avancer « à côté », La Maison Tellier annonce un huitième album conçu comme une pièce commune : prises live, air qui circule, voix proche. Un disque dédié à Jean-Louis Murat et Shane MacGowan, et porté par une idée simple : les chansons tiennent quand on les laisse respirer.
C’est un retour de La Maison Tellier qui n’a rien d’une relance : plutôt une réapparition logique, presque organique, comme si le groupe revenait occuper un espace qu’il n’a jamais tout à fait quitté. Timidité des Arbres est annoncé pour le 3 avril 2026. La promesse artistique, elle, se situe dans un entre-deux rarement assumé avec autant de calme : une folk chantée en français, « américaine sans folklore, française sans posture », quelque part entre Murat et Calexico, mais sans l’ostentation des étiquettes.
Sur la méthode, le discours est cohérent : une réalisation confiée à Étienne Caylou, un enregistrement “dans une même pièce”, des prises live privilégiées, une proximité sans “mascara”. Ce sont des mots souvent utilisés comme décor, mais ici ils structurent une esthétique : la chaleur ne vient pas d’un filtre, elle vient d’une rythmique souple et d’arrangements qui refusent le surlignage. Le communiqué évoque même un souvenir de Stax Records — non comme citation savante, plutôt comme manière de laisser le morceau s’ouvrir, d’accepter l’imperfection utile.
Des invités choisis : Ben Lanz, Louis-Jean Cormier, H-Burns et Karen Lano.
Un des centres de gravité annoncés du disque, ce sont ses collaborations : non pas des “featurings” destinés à distraire, mais des présences qui colorent sans déplacer la chanson. Ben Lanz, musicien associé à The National et Beirut, est cité parmi les invités ; son travail, depuis des années, s’inscrit justement dans cet art des textures — cuivres, souffles, contrechants — qui donnent de la profondeur sans faire écran. Le communiqué mentionne aussi Louis-Jean Cormier (de Karkwa), H-Burns et Karen Lano : un casting qui a du sens parce qu’il renvoie moins à une “scène” qu’à une même idée du chant comme matière, pas comme performance. À cela s’ajoutent des instruments qui pourraient passer pour des signes (pedal steel, duduk, couleurs mariachi), mais que le texte revendique comme des nécessités d’arrangement — et même un dehors littéral, avec des oiseaux enregistrés au marais Vernier, qui traverseraient l’album comme une respiration.
La porte d’entrée, elle, s’appelle Love Again : premier single sorti le 30 janvier 2026, présenté comme une histoire d’amour simple “sur fond mariachi”. Le morceau arrive avec un clip, et le groupe précise que la réalisation est signée Jeff Tellier : geste cohérent avec l’esprit “maison” que revendique l’ensemble : une image fabriquée de l’intérieur, non pour habiller la chanson, mais pour la prolonger.
La Maison Tellier : Timidité des arbres – Sortie le 3 avril 2026 – Concert : Infos et Billetterie







