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Future Quiet : Moby baisse le volume

Le 20 février 2026, Moby publie Future Quiet, 23e album studio annoncé comme un abri plus que comme un manifeste : quatorze pièces, beaucoup d’ambient, du piano minimal, quelques voix invitées, et une idée fixe — survivre au vacarme. Premier signe : une réinvention orchestrale de “When It’s Cold I’d Like To Die”, désormais portée par Jacob Lusk (Gabriels), et par l’étrange seconde vie d’un morceau longtemps resté dans l’ombre.

Le fait est posé, presque à contre-emploi dans une époque qui réclame des “comebacks” tonitruants : Future Quiet sortira via BMG, et Moby choisit comme éclaireur un titre de 1995, né sur Everything Is Wrong, chanté à l’origine par Mimi Goese — un morceau sans batterie ni basse, rappelait-il récemment, comme si l’austérité devenait soudain un luxe. La nouvelle version, elle, change de texture : réorchestrée, habitée par la voix large et gospel de Jacob Lusk, que Moby dit avoir “poursuivie” après l’avoir entendue sur KCRW.

Ce choix n’est pas seulement sentimental ; il est stratégique au sens culturel du terme. “When It’s Cold I’d Like To Die” a été aspiré par la machine Stranger Things — passage en saison 1, retour en saison 4, et, d’après plusieurs médias, réapparition dans la saison finale récemment diffusée — avant de devenir viral sur TikTok et de s’installer, ironie tranquille, au sommet des écoutes de Moby. Un “titre obscur” devenu hymne générationnel par procuration : la pop culture adore ces résurrections qui ressemblent à des malentendus, sauf qu’ici le malentendu est d’une justesse émotionnelle presque gênante.

Des inspirations inattendues et lointaines…

Reste l’album, et sa promesse : faire de la musique comme on ferme une porte. Pitchfork décrit un disque “majoritairement ambient”, dans le sillage de Ambient 23, nourri d’influences assumées — Cocteau Twins, This Mortal Coil — et traversé par quelques présences vocales (serpentwithfeet, India Carney, Elise Serenelle), comme des silhouettes qui passent dans un couloir de lumière. Le communiqué parle, lui, d’un refuge face à “un monde plus bruyant et plus chaotique”, et la formule a beau sonner comme un diagnostic collectif, elle prend chez Moby une tournure presque artisanale : fabriquer du calme, morceau après morceau, non pas contre le spectaculaire, mais à côté — comme une pièce secrète dans une maison trop éclairée.

Enfin, parce qu’un refuge n’empêche pas la scène, 2026 marquera aussi un retour live plus visible : un passage annoncé à Brighton, le 26 juillet, pour le festival On The Beach, présenté comme l’une de ses rares dates de l’année. Tout se tient : sortir un disque qui murmure, puis le faire résonner au bord de l’eau, là où le bruit du monde ressemble — pour une fois — à quelque chose de supportable.


Moby : Futur Quiet (BMG) – Sorti le 20 février 2026

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