Paris remet sa montre à l’heure la plus rapide : six jours de mode masculine, puis la couture dans la foulée. Dans les coulisses, on parle autant de départs que de débuts, autant de vêtements que de “moment”. Le calendrier officiel s’annonce dense — mais ce qu’il raconte surtout, c’est une industrie qui cherche son prochain récit crédible, entre héritages à protéger et nouveaux chapitres à écrire.
Le calendrier, ou l’art parisien de faire croire que tout est crucial
La séquence démarre mardi 20 janvier avec la Fashion Week homme Automne/Hiver 2026-2027, jusqu’au 25 : 35 défilés et 32 présentations, dit le décompte des observateurs américains, comme si la mode avait besoin de statistiques pour prouver qu’elle respire encore. Côté institution, la Fédération (FHCM) confirme les dates et publie un calendrier à la minute près : la machine parisienne n’a pas changé, elle s’est simplement digitalisée.
Ce qu’il ne faudra pas rater, d’abord, ce sont les “narrations” programmées en pleine lumière. Vogue annonce Pharrell Williams à l’ouverture chez Louis Vuitton, puis la montée en puissance des poids lourds (Dior, Kenzo), avec une semaine qui assume l’entre-deux : le spectaculaire d’un côté, le laboratoire de l’autre. Sur le calendrier FHCM, on voit aussi la couture du détail : les jeunes labels et présentations qui remplissent les interstices, là où la mode se fabrique encore comme un langage plutôt que comme un événement.
Passations de pouvoir et absences stratégiques : la vraie dramaturgie
Mais l’électricité de cette édition tient surtout aux passages de relais. Wallpaper* insiste sur un calendrier “plus calme” que d’autres saisons, parce que plusieurs maisons choisissent l’absence — stratégie de rareté ou fatigue générale, difficile de trancher — et pointe, parmi les rendez-vous structurants, le deuxième menswear de Jonathan Anderson chez Dior. Vogue, de son côté, dramatise un moment que Paris adore : la “dernière” collection de Véronique Nichanian chez Hermès après 37 ans — une durée qui ressemble à un système solaire.
Et puis il y a la ville, qui profite de la semaine pour se mettre en scène autant que les marques. Vogue signale des à-côtés très parisiens : exposition Acne Studios, signature de livre chez KidSuper, et ce Kenzo à la maison de Kenzo Takada, comme si le décor devenait argument d’authenticité. La FHCM rappelle aussi que la Fashion Week, ce n’est pas seulement des défilés : le showroom (au Palais de Tokyo) fait tourner l’économie réelle : celle des acheteurs et des commandes, moins photogénique mais autrement décisive.
Enfin, la couture arrive dès le 26 janvier, jusqu’au 29 : calendrier officiel à l’appui. Fashionista et Vogue convergent sur le point que tout le monde guettera : les premiers pas couture de Jonathan Anderson chez Dior, et la couture Chanel signée Matthieu Blazy — autrement dit, la preuve par le vêtement, pas par le communiqué. Après tout, à Paris, on vient pour voir des silhouettes… et vérifier si le futur tombe vraiment bien.







