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Invisible? Au Trabendo, Elephanz remet la lumière

Dans Invisible, Elephanz fait parler un anti-héros qui traverse la vie avec l’élégance triste de ceux qu’on ne regarde pas. Le duo nantais transforme ce sentiment d’effacement en pop 60’s sous vernis glam, et l’emmène sur scène le 2 avril au Trabendo. Une tournée en filigrane et un clip qui préfère la route aux effets, comme si la discrétion restait leur meilleur projecteur.

Le fait, d’abord : le jeudi 2 avril 2026, Elephanz joue au Trabendo, à deux pas du périphérique et des manèges de la Villette, là où la pop s’entend encore à hauteur de corps. Autour, la tournée dessine une France de salles qui comptent plus qu’on ne le dit : Massy (Paul B) le 27 mars, Romans-sur-Isère le 28, Dijon le 31, puis Lille le 19 mai et Lyon le 21. Ce n’est pas l’itinéraire d’un triomphe, plutôt celui d’une persistance, et, parfois, c’est plus intéressant : on y voit ce que la musique devient quand elle n’a pas besoin de se raconter en mythe.

Au centre, il y a Invisible, et ce personnage décrit comme un “loser magnifique” : trop petit face à son propre destin, trop transparent pour le décor. Le communiqué insiste sur l’autodérision “lumineuse” — formule paradoxale, mais juste : chez Elephanz, la fragilité ne se joue pas en mineur, elle s’habille en mélodie, avec ces accents sixties et ce glamour un peu baveux qui font croire, l’espace d’un refrain, qu’on peut danser sur sa propre insignifiance. Et puis vient ce final orchestral annoncé grandiose : l’échelle, soudain, se retourne contre le doute.

Le clip, lui, choisit une autre grandeur : pas celle des cordes, plutôt celle du quotidien. Présenté comme réalisé par Powart, il “plonge dans le quotidien d’une tournée indépendante”, entre route, doutes, et ces liens qui se fabriquent quand on partage la même fatigue. Elephanz a aussi teasé une chorégraphie, un détail délicieux, presque incongru, comme si l’invisible devait finir par se trahir par le mouvement. Au fond, c’est peut-être ça qui intrigue : ce groupe sait que l’époque adore les récits de visibilité, d’exposition, de “présence” permanente, et il arrive avec une chanson qui raconte l’inverse — tout en la mettant en scène.

Reste le contexte : Elephanz, c’est aussi l’art de revenir sans se renier. Azimuth annonce un nouvel album au 3 avril 2026, et cite déjà deux singles — I don’t want to know et Invisible — comme un diptyque d’hésitations assumées. Et derrière le vernis pop, il y a une trajectoire qui a connu ses points de fixation : Maryland a franchi un cap symbolique (certification platine, plus de 30 millions de streams, selon leur producteur). Le Trabendo, dans ce tableau, n’est pas un “retour” au sens nostalgique : plutôt une scène-test, l’endroit où l’on vérifie si un morceau qui parle d’effacement peut, paradoxalement, remplir l’espace.

Les frères Verleysen, pop en clair-obscur

Formé à Nantes en 2008 par les deux frères Maxime et Jonathan Verleysen, Elephanz construit depuis ses débuts une électro-pop mélodique où les voix se répondent, s’accordent, se frottent — une écriture qui aime le format pop et les héritages sixties, sans renoncer au nerf contemporain des synthés. Après Time for a Change puis Elephanz (2017) et Rien de personnel (2023), le duo prépare un quatrième album annoncé pour 2026, et repart sur les routes avec cette obsession intacte : faire sonner l’intime comme un refrain collectif.


Elephanz : Billets de la tournée

  • 27 MARS – MASSY (91) — PAUL B
  • 28 MARS – ROMANS SUR ISÈRE (26) — LA CORDONNERIE
  • 31 MARS – DIJON (21) — LE BISTROT DE LA SCÈNE
  • 02 AVRIL – PARIS (75) — TRABENDO
  • 19 MAI – LILLE (59) — LE SPLENDID
  • 21 MAI – LYON (69) — TRANSBORDEUR

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